Police, contrôle social, répression, prison

La maladie mentale, une menace pour la sécurité en Italie comme en France

Nous assistons en Italie au retour d’une psychiatrie qui voit la détresse psychique et les malades atteints de maladie mentale comme une menace pour la sécurité. Malheureusement la France de Sarkozy connait le même problème. C’est pourquoi nous voulons consacrer notre émission à ce thème.
Pour décrire la situation psychiatrique actuelle en Italie, il faut partir de la loi 180 de 1978 passée à la postérité sous le nom de « loi Basaglia » . Elle a été le résultat d’une longue période de luttes anti-institutionnelles qui a commencé à Gorizia en 1961 et qui a vu la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Le processus a duré presque vingt ans, et les derniers hôpitaux ont été fermés à la fin des années 90.
La loi 180 a restitué aux patients psychiatriques leur droit de citoyenneté et a imposé une approche nouvelle dans le traitement du malaise mental. Avant elle, les patients internés étaient complètement gérés par l’institution asilaire qui décidait des soins à suivre, de leur emploi du temps, de la nourriture qu’ils devaient manger et des habits qu’ils pouvaient porter.
L’ électrochoc constituait une thérapie, l’inactivité était presque totale, la contention physique pouvait durer des années. La séparation en pavillons ne se faisait pas selon des critères pathologiques mais par comportement et par sexe : le pavillon des patients tranquilles, des agités, des violents… Les patients n’étaient plus des individus mais des objets entreposés dans un lieu indéfini, totalement privés de personnalité.
Pour retracer l’histoire de cette reforme nous avons eu le plaisir de rencontrer Giuseppe dell’Acqua, psychiatre, directeur du Département de Santé Mentale de Trieste et proche collaborateur de Franco Basaglia.
Lorsque l’Occident ouvre les portes des asiles psychiatriques, dès les années 1960, les créations de ses artistes bruts font elles aussi leur apparition. En Italie, Franco Basaglia utilisait l’art comme un virus pour « raviver les rêves ».
L’art entre dans ces lieux de ségrégation non pas comme une alternative thérapeutique mais comme une expérience primordiale, un virus dont la propagation a ravivé des rêves mis entre parenthèses.
Nous parlerons de ce “virus” avec Gustavo Giacosa, génois d’origine argentine, il s’est formé au théâtre aux cotés du metteur en scène Pippo Delbono et mène depuis 2006 une recherche sur les rapports entre art et folie, en marge du groupe d’artistes multidisciplinaires de l’association ComtemporArt.
Mais aussi avec Margherita Poli, chercheuse indépendante qui a travaillé dans la sauvegarde du patrimoine artistique de l’asile Victor Larco Herrera de Lima. Réalisé le 05.12.2011 par l’émission Envie d’Italie.
Bonne écoute à tous !

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radio :
FPP

caractéristiques techniques :
Durée : 1 heure 29 minutes
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Répression , Entretien , (Anti-)psychiatrie

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